Entrées dans le blog de Edea_K
Aperto libro
Publié 18 Dec 2008 à 21:46


Jeu de D., jeu de dupes,
Illusoire vol de huppes,
Incognito, parée de mes masques,
Je virevolte dans une bergamasque.

Mais de ce tour de passe-passe,
Tout un chacun devient sceptique.
Et nos écrits comme des traces,
Nous dévoilent toujours authentiques.

On reconnaît finalement un regard,
Camouflé sous un loup et du fard.
Fatalement nos fragiles oripeaux
Tombent toujours en lambeaux.

Alors la réalité nous découvre nus
Sous une impitoyable lumière crue


Les maux de nos rêves
Publié 21 Nov 2008 à 00:43


Silhouettes emblématiques transperçant ce ciel de cendres, la grâce d'un vol d'outardes est une invitation à l'évasion. La finesse de ce cou interminable étiré telle une flèche, pointe en direction de la Terre Promise... Que ne donnerait-il pour étreindre cette gorge blanche, éclat de lumière dans la morosité ambiante.

Si l'une d'elle se rapproche... Sur la pointe des pieds, un bras tendu vers les cieux, les phalanges déployées, il emprisonne son garrot et décolle. Août tarde... Que ses ailes l'emportent vers ses rêves !
Quelle délivrance de pouvoir voler loin de la misère de cette humanité grouillante.

Telle une gueule vorace, sa poigne enserre son col tandis qu'il se déleste progressivement de tous ces fardeaux qui l'affligent.
Complaisante amnésie qui lui permet de s'affranchir de ses obligations. Ces reproches qui l'assourdissaient tels des acouphènes s'étouffent et disparaissent dans un battement d'ailes. Au contact du duvet délicat, sa peau bleuie cicatrise enfin de la morsure du froid.

Il enlace l'animal plus intensément. La faim qui le tenaillait se dissipe. Les douleurs qui lui déchiraient les chairs et lui fracassaient les os s'estompent. À ses côtés, la solitude ne le tourmente plus désormais et les errances de l'ennui s'effacent au rythme des cacardements de la bernache.

À destination, il pourra déambuler, le cœur léger contemplant des paysages aux effluves enivrantes, sous la tiédeur d'un astre opalin. Un envol exaltant vers des univers oniriques, loin de l'enfer moite et écrasant de sa réalité.

Il ressert son étreinte ébloui par les lueurs qui transpercent sa rétine. Plus loin... plus vite... Il dépose un baiser empressé sur son hôte.

Mais un sifflement strident retentit soudain ! Oppressé, étouffé, août tarde et se dérobe. Tout bascule ! Ses mains glissent de la gorge qui s'échappe. La chute est vertigineuse et foudroyante. Ses rêves s'effilochent et la réalité dure et glaciale le saisit. Son corps débile est rapidement terrassé, son âme opprimée, son ego meurtri. Alangui par ses rêves, il survit mais condamné à endurer une réalité encore plus impitoyable.

Et vous, quels sont les maux de vos rêves ? Quelle réalité cherchez-vous à fuir, votre regard plongé dans vos paradis artificiels plutôt que déterminé à braver vos hantises ?


Adieu - Yoko Kanno
Publié 10 Nov 2008 à 01:30

Adieu...


Been a fool, been a clown
Lost my way from up and down
And I know, yes I know
And I see it in your eyes
That you really weren't suprised at me at all
Not at all
And I know by your smile it's you.

Don't care for me, don't cry
Let's say goodbye, Adieu.
It's time to say goodbye, I know that in time
It will just fade away, it's time to say goodbye.

I stand alone, and watch you fade away like clouds
High up and in the sky
I'm strong and so cold
As I stand alone
Goodbye, So long, Adieu.

Oh how I love you so, lost in those memories
And now you've gone
I feel the pain, feeling like a fool, Adieu

My love for you burns deep
Inside me, so strong
Embers of times we had
And now here I stand lost in a memory
I see your face and smile.

Oh how I love you so, lost in those memories
And now you've gone
I feel the pain, feeling like a fool, Adieu

My love for you burns deep
Inside me, so strong
Embers of times we had
And now here I stand lost in a memory
I see your face and smile.


Falling Star
Publié 29 Oct 2008 à 18:26

Mémoire magique qui permet de garder quelqu'un en vie...

Douleur de la perte, mais quelle douceur de pouvoir se réfugier dans les souvenirs de ce bonheur passé.

Notre regard tourné vers le ciel, notre tendre flamme devient étoile. Elle nous accompagne où qu'on aille, veille sur nous les premiers temps.
On s'accroche à la que.ue de cette étoile, refusant qu'elle devienne filante.

Mais son scintillement froid ne nous réchauffe plus comme notre flamme d'antan. Il ne s'agit plus que de la lumière d'une étoile morte qui nous parvient avec retard.

Laissons filer... ces souvenirs qui s'estompent... ces voiles qui s'envolent.
Que notre regard se pose à nouveau, qu'il apprenne à revoir ces petites flammes.

Celles capables d'apporter de la chaleur, de la lumière et de la joie à tous ceux qui les approcheront.


The Monster Without a Name
Publié 13 Oct 2008 à 04:19


Pour qui est ce serpent qui siffle sur ma tête
Publié 10 Oct 2008 à 22:35

Mon cher Links me demande un post absurde.

Une histoire sans que.ue ni tête pour un notoire serpent ?
Impossible de déblatérer sur lui !
Que resterait-il d’ailleurs de ce reptile si on lui coupait la tête et la que.ue ? Plus grand chose à se mettre sous la dent. Voici une histoire qui manquerait de mordant.

Pourtant j’ai les crocs, envie d’un cou palpitant et tendu qui chavire, d’un coupable pendu qui fait rire. Mais je délire.

Dénuée de queue, moi qui n’ai longtemps dévoilé que mon cou alors que certains ne rêvaient que de mon c.ul, je me retrouve sans voix ne disposant plus que de mes doigts pianotant sur ce clavier sans dièse ni bémol à débiter des absurdités.

Absurde idée d’ailleurs de décider de déraisonner décapitée ! Alors que je pourrais chercher la vérité ici plutôt qu’ailleurs, raisonnant telle une cloche, sans œufs ni chapelle.

Si je veux avoir un espoir de l'échapper belle, c'est en changeant de peau. Me voici sorcière aux yeux de vipère. À défaut de pouvoir prendre les jambes à mon cou, je me sauve furtivement, persiflant malicieusement.

Contes venteux
Publié 10 Oct 2008 à 21:47


L'Âme. De l'Anima je ne veux garder que l'animé,
Et je lui préfère largement la Psyché,
Ce souffle qui nous permet les plus belles envolées.

Votre âme est-elle encore assez pure et légère
Pour vous permettre d'atteindre vos objectifs ?
Art délicat que de préserver sa candeur
Confronté à la duplicité d'esprits de misère
Déterminés à vous précipiter dans les récifs
Et foudroyer votre vol vers trois îles de bonheur.

Je demeure Lumière, céleste regard et subtile fantaisie,
Être mythique et évanescent à l'armure de plumes,
Les clichés de nos paysages, notre actuelle promesse,
Seront le souvenir tangible de ce moment exquis
Intersection de nos deux courses astrales
Invariablement soumises à l'attraction universelle.
Ô Lune Ronde
Publié 10 Oct 2008 à 21:46

La venue lumineuse d'une ballerine de cristal
au front orné d'un croissant de lune
et au cou décoré d'une goutte
de ce liquide vermeil
qui coule dans vos veines.


Babel - notre langage, comprendre nos maux
Publié 10 Oct 2008 à 21:44


Version originale sumérienne :
« S'enorgueillirent jadis les habitants du grand Babylone et décidèrent de construire une tour de la terre jusqu'au ciel, d'entrer dans le palais des Anounnaks, de boire et de manger leur nourriture avec eux. Ils décidèrent de devenir les égaux des dieux. La tour grandit, s'élève vers les cieux, les gens se réjouissent. Cela ne fut pas au gré des dieux. Ils vinrent voir Mardouk et dirent : "Ô Mardouk, tu es le plus grand d'entre nous, regarde, combien les gens s'enorgueillissent ! Nous ne voulons pas les voir dans le ciel, leur place est sur terre, qu'ils y restent ! Aide-nous, Mardouk !" Mardouk réfléchit et jeta un puissant sort sur le grand lac près de Babylone. On puisait de l'eau à boire dans ce lac, on lavait les corps dans ce lac. Mais que se passe-t-il ?... Chacun qui boit ne serait-ce qu'une gorgée oublie sa langue ; il parle avec des mots incompréhensibles, les autres ne le comprennent pas ! Impossible de poser une pierre, d'apporter de la terre, d'édifier les murs ! Le chantier s'arrêta. Voyant cela, le magicien Shouroukkah tomba à genoux et pria : "Mardouk, ô Mardouk, pourquoi châties-tu les gens qui te sont fidèles ? Comment un époux comprendra-t-il son épouse, comment un fils répondra-t-il à son père, comment les sujets pourraient-il chanter la gloire de leur souverain ? Rends-nous la parole, aie pitié!"»

Pourquoi est-il si difficile de percevoir un cri d’amour ?

Imaginez… quelle cruelle ironie lorsque…
un homme aphone se ruine pour offrir les plus beaux colliers à sa bien-aimée alors que celle-ci, aveugle, n’a que ses bras à lui offrir et désespère qu’il lui susurre des mots doux à l’oreille.

Ailleurs, une femme gesticule, se lamente que son ami ne la voit plus, alors que lui ne rêve que de l’harmonie et des tonalités vibrantes du timbre de sa voix.

Un autre interprète la plus belle mélodie pour une demoiselle qui ne sera jamais sienne mais dont les bons mots le font sourire. Elle se délecte à l’écoute de sa musique mais s’afflige à la pensée de ne jamais pouvoir le voir jouer.

Un autre, ébloui par la spiritualité et la chaleur d’une flamme à l’autre bout du monde l’interpelle, veut lui montrer le chemin alors que cette dernière est subjuguée, perdue par la lueur froide de lumières artificielles.

Et que penser du plaidoyer silencieux de celui qui attend, patiemment le retour de sa ballerine qui n’a de cesse de s’étourdir, virevoltant autour d’un feu follet, illusion qui lui sera fatale mais pour laquelle il ne peut se résoudre à la maintenir captive dans une cage, fut-elle dorée.

Ce soir Marouk nous a ensorcelé jugeant notre ascension céleste trop aisée et rapide. Je t’ai demandé de prendre soin de moi, tu m’as demandé de t’écrire. Je t’ai supplié de m’offrir tes mots, tu me réponds que tu attends les miens. J’ai insisté, tu t’es obstiné. Ta fatigue…, mon impatience…
Tu te reposes, je m’apaise, Ishtar, la Vénus, apparaît.

« La bonne déesse Ishtar compatit avec eux et pria Mardouk de les pardonner. Et Mardouk fit en sorte qu'un poisson magique apparaisse dans le lac : celui qui le mange recommence à parler comme avant, il retrouve la parole. Les gens louèrent Mardouk, firent de la tour inachevée un temple à sa gloire, abandonnèrent les pensées coupables. »

De ce poisson je me suis nourris. Enfin je t’écris… sereine et le cœur léger de pouvoir te déposer mes maux, les seuls que tu attendais. Je t’ai enfin entendu.
Me lire c’est te permettre de m’offrir la force de tes bras afin de me soulager de ce fardeau d’incertitude et de doute qui trop souvent me pèse et trouble mon regard.
Je reste ta petite voix le jour.
L’écrit demeure ce calme et majestueux vaisseau blanc qui unit nos nuits et nos deux continents.
Sweet Dreams
Publié 29 Sep 2008 à 16:25



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